Environnement

Eco-pâturage

A Saint-Martin, des moutons dans les remparts

© PLR - Peu importe la photo, les moutons préfèrent déguster.
Publié le 13/02/2024

Il ne leur a fallu que cinq minutes pour s’approprier le décor… quatre moutons ont pris leurs quartiers dans les remparts samedi 3 février.

Leur mission ? Le nettoyage de leur nouveau lieu de villégiature, une parcelle dans l’enceinte des fortifications Vauban. Avec sans doute en perspective de nombreuses visites, ne serait-ce que celles des élèves de l’école martinaise.

Accueil familial

Rendez-vous fixé sur le parking du Vert Clos, où les moutons sont arrivés et attendent patiemment en compagnie d’élus et de famille martinaises, que leur bergère Lili ait sécurisé le périmètre, notamment par la pose de filets pour éviter qu’ils ne soient tentés de s’approcher du vide au cours de leur courte transhumance.

Dûment encadrés par Lili, son chien (de berger évidemment) et l’appui de l’assistance postée à des points stratégiques, les ovins rejoignent sagement le terrain que la municipalité a choisi pour cette opération d’éco-pâturage.

Des moutons bretons

Ils s’appellent Ulrich, Udon, Ulotte et Uno (car nés en année U). Quatre jeunes mâles issus pour trois d’entre eux de la race des landes de Bretagne et le quatrième un mouton de Belle-Ile. Résolument bretons et rustiques, nos moutons à la toison brune et blanche « vivent dehors toute l’année, sont plutôt sociables et apprécient une nourriture diversifiée dont les ronces qui leur apportent d’importants nutriments », explique Lili la bergère, ajoutant que « la parcelle va les tenir un bon moment ».

Ils seront tondus entre mi-avril et mi-mai et resteront jusqu’à ce qu’il y ait de l’herbe et que la température le permettra. Car en cas de chaleur, il leur faut pouvoir s’abriter sous des arbres. Deux autres de leurs congénères viendront peut-être augmenter ce mini troupeau qui n’aura mis que quelques minutes à s’adapter à son nouveau territoire.

Reconversion associative

Outre la bergère Lili, l’arrivée des moutons est l’occasion de faire connaissance avec l’association Macadam Mouton et sa présidente Anne-Sophie Bish. Elle et Lili ont toutes deux changé de vie à 180 degrés. Anne-Sophie était dans la communication et le design et Lili dans l’audiovisuel. La crise Covid serait-elle passée par là ? Oui répond Anne-Sophie, qui connaissait le monde associatif et souhaitait y revenir tandis que Lili, confinée sur l’île d’Oléron et alors sans travail choisissait un nouvel horizon professionnel, passant d’abord par le maraîchage puis par un an de formation, avant de rejoindre l’association Macadam Mouton où elle est aujourd’hui salariée à mi-temps.

Muni d’une cloche, le mouton blanc Ulotte est l’un des premiers de l’élevage de
Macadam Mouton – © PLR

Démarche environnementale et pédagogique

« Le soutien et l’adhésion de la municipalité de La Rochelle ont été très importants pour nous », souligne Anne-Sophie. Créée en 2022, Macadam Mouton ne possède pas de terres mais les moutons sont hébergés à l’année dans les marais de Tasdon et l’association travaille avec les collectivités environnantes, dans un rayon de trente kilomètres de La Rochelle.

Sur l’Ile de Ré, elle amène également des ovins au Défend à Rivedoux et au Preau à Saint-Martin, où elle travaille avec les éco-gardes de la CdC. En effet, par l’entretien naturel des sites, l’éco-pâturage se révèle positif pour la biodiversité : « Au Preau, nous allons pouvoir cette année mesurer l’évolution », souligne Anne-Sophie avant d’ajouter que l’éco-pâturage est aussi un bel outil pédagogique et de sensibilisation auprès des différents publics, à commencer par les enfants.

Pendant ce temps et sans être gênés le moins du monde par les humains qui les entourent, nos moutons sont à la tâche, n’ayant pas perdu de temps pour s’attaquer à l’anarchique végétation. Bon appétit et rendezvous dans quelques semaines pour admirer le résultat. Décidément, le mouton breton a tout bon !

Pauline Leriche Rouard

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