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A la veille d’Octobre Rose, une Maritaise, Christine Chauveau, témoigne

Christine Chauveau envoie valser le mauvais karma ! Think positive.
Publié le 18/09/2019
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Dans quelques jours débutera Octobre Rose, une campagne de communication destinée à sensibiliser au dépistage du cancer du sein féminin et à récolter des fonds pour la recherche. Pour en parler, nous avons rencontré Christine Chauveau, une cinquantenaire résidant à Sainte-Marie et sur l’île de Djerba, atteinte d’un premier cancer du sein en 2013 puis six mois plus tard d’un second sur l’autre sein. Elle nous livre un témoignage fort et plein d’espoir.

Une philosophie de vie positive

Lorsque vous la rencontrez, jamais vous ne pourriez imaginer son passé. Elle est la joie de vivre personnifiée : toujours le sourire, l’envie de blaguer. Elle est hyper dynamique, pétillante, pleine d’entrain et vit à cent à l’heure, une véritable tornade avec une philosophie de vie qu’elle clame haut et fort : positive attitude ! Et c’est encore avec une pointe d’humour que Christine vous raconte son cancer des deux seins. En 2013, c’est au cours d’une consultation de routine chez son gynécologue qu’il l’envoie passer une mammographie très vite. Lors de cet examen, on lui demande de revenir le soir même pour effectuer une ponction et c’est ainsi qu’elle se retrouve en urgence devant une cancérologue qui l’informe qu’elle est atteinte d’une tumeur cancéreuse au sein et qu’il faut faire vite. « Le mot cancer fait peur et j’ai tout de suite pensé aux gens que j’aimais. Quand on apprend une mauvaise nouvelle comme celle-là, on est en état de sidération. J’ai été prise d’un malaise… je voyais mille mouches volantes devant moi. » Pas de temps à perdre, elle est immédiatement prise en charge par le Service Oncologie de l’hôpital de La Rochelle et un chirurgien, lui donne rendez-vous pour l’ablation de son sein. « Pour moi qui n’ai même pas été opérée de l’appendicite, c’était une première ! Je me retrouve sous les sunlights du bloc avec un anesthésiste et son aiguille à la X-files ! »

Quand se soigner devient une priorité

L’être humain est fort et, instinctivement, elle puise une force au fond d’elle insoupçonnée et reprend vite le dessus. « Il y a obligation de se soigner, on ne peut pas s’y soustraire ». A son arrivée au Service Oncologie, dont elle tient une fois encore à saluer le professionnalisme des équipes et leur gentillesse, on lui remet un carnet de bord dans lequel chaque étape de son programme thérapeutique est expliquée et détaillée de manière très lisible. « Vous êtes totalement pris en charge et vous ressentez ainsi une véritable sécurité psychologique puisque vous connaissez le parcours auquel vous allez vous soumettre ». Christine souligne qu’il est important de savoir que ce Service de cancérologie du CHU de La Rochelle travaille en étroite collaboration avec l’Institut Gustave Roussy de Villejuif afin de valider chaque protocole de soin mis en place pour les malades.

Continuer sa vie, sans tabou… et rire de tout !

« C’est comme si la maladie vous ouvrait les vannes du dialogue… Pendant les séances de chimiothérapie d’une durée de quatre heures, j’ai fait des rencontres exceptionnelles avec des femmes de tous horizons. Beaucoup d’échanges constructifs. Nous ne parlions pas que du cancer mais de la vie en général, de tout et de rien… Le temps passait ainsi très vite et souvent je disais aux infirmières : c’est déjà fini ? Le jour de ma première chimio, mon mari m’accompagnait et dans la voiture, je chantais à tue-tête pin pon pin pon… histoire de dédramatiser ce trajet. A notre arrivée à l’hôpital, mon mari s’est trompé d’entrée. Au lieu de se diriger vers l’hôpital, il a emprunté l’entrée de la morgue ! Et là je lui ai dit : ah non pas tout de suite ! Tu es un mauvais ambulancier… (rires) ».

Un témoignage loin d’être anxiogène

En 2014, après un scanner de contrôle, on lui détecte un deuxième cancer sur l’autre sein : « Et là ça recommence, redescente au bloc pour obtenir une belle symétrie ! Avec ces cancers, quelque chose a changé, quoi qu’il arrive je me lève tôt chaque matin, pour profiter au maximum de la lumière, du soleil, d’une promenade en vélo, aller au marché quand tout est encore calme, quand les étals sont bien remplis… savourer des plaisirs simples, naturels. Et je me dis, une journée de gagnée est une bataille sur la vie ». Son protocole de soin est lourd avec un scanner tous les six mois, une analyse de sang toutes les trois semaines. Mais après tout elle considère qu’il faut vivre cela comme un temps pour soi pendant lequel on fait attention à son corps, on le prend en compte. C’est très positif. Alors qu’avant, elle ne prenait jamais le temps de rien ni de faire le moindre check-up ! A chaque rendez-vous pour conjurer le sort, se dynamiser et faire sourire les équipes soignantes, elle porte un tee-shirt avec un message fort : « Girl power », « Cosmic girl », « Girls can do anything », « Strong enough »…

Et aujourd’hui ?

La question autour de la reconstruction de ses seins s’est posée mais elle n’en a pas envie, cela lui est égal. « Peut-être est-ce dû à mon âge ? Peut-être parce que je n’ai jamais eu beaucoup de poitrine ? Peut-être aussi par peur d’une récidive ce qui est possible dans le cadre de la reconstruction ? Le coût financier n’est pas anodin non plus et je n’ai pas envie de repasser au bloc. J’ai également trouvé une gamme de soutien-gorge très fun chez Victoria Secret (rires). Aujourd’hui je considère que vivre avec ces deux cicatrices représente le symbole du courage et de la détermination, de mon chemin de vie ».

Christine a souhaité apporter son témoignage pour dire haut et fort qu’il faut être confiant, sans peur, sans angoisse. La médecine est à la pointe, la recherche avance tous les jours, les médicaments sont efficaces. C’est le mot « cancer » qui est terrible. Il faudrait débaptiser ce mot. Il raisonne comme la mort et c’est cela le plus dur. Elle veut donner de la force à toutes ces femmes qui vont se retrouver un jour dans l’inconnu et les rassurer en leur disant qu’elles vont être épaulées, prises en charge, conseillées et pas laissées pour compte. Elles seront même mises en beauté ! Cette épreuve lui a apporté plus de choses positives que négatives.

Quelques chiffres : Selon la Fondation pour la recherche médicale, en 2017 (derniers chiffres actualisés), 59 000 cas de cancer du sein ont été diagnostiqués en France et la maladie a été responsable de 11 900 décès. Le cancer du sein continue de tuer chaque année des milliers de femmes. C’est pourquoi l’Association Le Cancer du Sein, Parlons-en ! met en place à partir du 26 septembre sa 23ème campagne d’information et de sensibilisation sur le cancer du sein. Quelques moments forts déjà prévus : l’illumination de la Tour Eiffel aux couleurs du ruban rose, la remise d’un chèque de 300 000 euros en faveur de la recherche, grâce au soutien de ses partenaires et des dons des particuliers. Depuis la création des Prix Ruban Rose en 2003, ce sont ainsi plus de deux millions d’euros mis à disposition de la lutte contre le cancer du sein !

Alors pour soutenir cette cause, portez ce ruban rose et faites un don www.cancerdusein.org

 

Une marche Maritaise en rose

Depuis plusieurs années, la commune de Sainte-Marie organise une manifestation de sensibilisation dans le cadre d’Octobre Rose.

Cette année une marche (gratuite) d’un peu plus de trois kilomètres aura lieu le samedi 26 octobre : le départ est prévu à 15h depuis la place des Tilleuls, les quelque quatre-vingts participants prévus se rendront à la mairie.

Un discours de sensibilisation à la prévention par un intervenant de Symphonie 17 sera suivi d’un pot de l’amitié pour clôturer l’après-midi, tandis que des T-Shirts et objets seront à vendre au profit de l’association rochelaise.

Le dresscode : venir en rose.

Florence Sabourin

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Vos réactions

  • Guilou
    Publié le 30 septembre 2019

    Concernée par octobre rose je souhaite être informé et éventuellement participer à la marche

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