Territoire

Vœux du président de la Communauté de Communes de l'île de Ré

30 ans, l’âge de la maturité sereine

© Nathalie Vauchez - Déjà 30 bougies pour la CdC de l’île de Ré !
Publié le 08/02/2024

Ils étaient venus très nombreux, les Rétais, pour les discours, pour le buffet et/ou pour ce moment convivial où l’on rencontre forcément des têtes connues, alors que l’île joue la belle endormie en cette saison très creuse.

Près de mille personnes selon les organisateurs, en tout cas une salle polyvalente du Bois-Plage archi-comble, tous les maires de l’île, de nombreux élus, un ancien président de la CdC et plusieurs invités de marque « du continent », comme les îliens se plaisent à qualifier tous ceux qui doivent franchir le pont pour fouler notre beau territoire !

Petit retour en arrière

La Communauté de Communes de l’île de Ré a été créée en 1993 avec pour compétences l’aménagement du territoire, son développement économique et – auparavant prise en charge par le SIVOM, ancêtre de la CdC – la collecte et le traitement des déchets. De 1993 à 2009, se sont ajoutées la perception de l’écotaxe, la petite enfance et les pistes cyclables… Et en 2008, la prise de compétence logements pour les projets de dix logements et plus, seuil élevé rapidement à vingt logements. Ce fut le 1er acte de la stratégie politique mise en place par Lionel Quillet, élu au printemps 2008 à la tête de la CdC, succédant ainsi à Jean-René Girolet (décédé), Paul Neveur (présent dans la salle), Jean Le Mao (décédé), Léon Gendre (absent excusé). En 2009, la mise en conformité des statuts a amené la CdC à prendre la compétence environnement. En 2010, ce fut le Plan éducatif local, puis à partir de 2011, suite au traumatisme de Xynthia, la réalisation du premier PAPI et la mise sur orbite du second PAPI. La CdC commence aussi à travailler sur la modernisation de l’équipement culturel La Maline, pour quelque temps après, reprendre en régie directe sa gestion, auparavant assurée par l’ARDC (association).

En 2013, alors que les services de l’Etat instruisaient jusque-là les autorisations d’urbanisme, cette compétence est transférée à la CdC. Puis en 2015, avec la Loi NOTRe* la CdC prend la compétence tourisme et crée Destination Île de Ré, prenant la suite de l’association Île de Ré Tourisme. C’est à partir de cette date que, le SCoT* ayant été retoqué, elle travaille sur un PLUi*. En 2018, toujours dans le cadre de la Loi NOTRe la CdC prend la compétence GEMAPI*, puis en 2022 celle de l’Adolescence. Si certains de ces transferts ont été imposés ou rendus nécessaires par la loi, plusieurs d’entre eux, facultatifs, ont été décidés par le Conseil communautaire, le plus souvent à l’unanimité.

© Nathalie Vauchez – Une salle comble pour une cérémonie des voeux toujours plus suivie par les Rétais.

Droit devant !

La suite, qui lit régulièrement Ré à la Hune la connaît, avec le logement comme… pierre angulaire d’une politique volontariste de sauvegarde de la vie permanente. Mille logements réalisés par les communes (La Flotte et Saint-Martin furent à cet égard visionnaires) et la CdC (depuis 2008), permettant de loger environ 12 % des Rétais et un objectif affiché de 2000 logements, qui semble difficile à atteindre au vu du résiduel constructible. 300 logements sont « en route », le prochain programme à sortir de terre sera celui de Saint-Martin (25), suivi par d’autres.

L’occasion pour Lionel Quillet de rappeler sa demande au préfet de pouvoir négocier avec les bailleurs sociaux et les services de l’Etat l’affectation prioritaire de quelquesuns de ces logements au personnel soignant de l’EHPAD, du CDAIR** et aux sapeurs-pompiers.

La CdC a déjà investi 25 M€ sur les terrains et subventions d’équipements pour les programmes de logements sociaux.

Autre sujet devenu prioritaire pour la CdC, celui de la régulation des meublés de tourisme. Un projet de règlement commun pour l’île de Ré sera proposé en ce mois de février aux délégués communautaires, avec vote de celui-ci au Conseil de mars 2024, pour une application par les communes qui le souhaitent à partir de janvier 2025. Dans le cadre du Programme local de l’habitat des premières mesures concrètes seront aussi décidées en 2024, parmi lesquelles des incitations financières pour encourager les propriétaires à louer à l’année et des aides à la rénovation énergétique.

Parmi les autres projets évoqués par Lionel Quillet, citons la reconstruction du centre de transfert, l’avancement sur la création d’un lieu de vie insulaire, pôle social et culturel intergénérationnel (validation du projet en 2024, livraison en 2026). La couverture des terrains de sports de sable au collège des Salières (livraison juin 2024) et la réhabilitation des bâtiments du quai de La Criée à Ars (fin des travaux juillet 2025) ont déjà été largement évoqués dans nos colonnes.

Maison du développement durable au Préau

Nouveauté annoncée lors de ces voeux, le projet d’une Maison du développement durable au Préau (Saint-Martin) visant à sensibiliser le grand public et les scolaires, installer une pépinière d’entreprises innovantes et lieu de ressources pour les associations environnementales. Le projet sera défini au 1er semestre 2024, pour une approbation par les élus au 2ème semestre 2024 et une livraison envisagée en 2026.

Deux autres projets sont lancés, celui du Schéma directeur cyclable : la piste La Flotte-Sainte-Marie est réalisée, celle prévue entre Saint-Martin et La Flotte en est au stade des négociations foncières, celle entre Sainte-Marie et Rivedoux fait l’objet d’études. Le plan de lutte contre l’érosion va débuter avec de premiers travaux à Saint-Clément, puis aux Portes et à La Couarde.

Après une distribution générale de tablettes de chocolats, et le discours du préfet, Lionel Quillet a invité le public au généreux buffet.

*Loi NOTRe : Loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République / SCoT : Schéma de cohérence territoriale / PLUi : Plan local d’urbanisme intercommunal / GEMAPI : Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations.

**CDAIR : Centre départemental d’accueil de l’île de Ré.

 

VERBATIM

Catherine Desprez, 1ère vice-présidente du Département

Après avoir participé à la cérémonie des voeux de Lionel Quillet l’an passé, la présidente Sylvie Marcilly s’est rendue cette année sur l’île d’Oléron. Chaque île son tour !

« Le Département s’occupe de tous les âges de la vie, 50 % de son budget est dédié aux actions sociales… Le nouveau centre de secours de Sainte- Marie a été inauguré en 2023, suivra celui de Saint-Martin, puis celui d’Ars-en-Ré sur lequel nous avons quelques problèmes de contentieux. Le Département consacre un financement important à ces nouvelles casernes fonctionnelles… Il se préoccupe aussi d’environnement avec son réseau RespiRé financé avec la CdC, la navette – désormais gratuite – du pont a connu une progression de son trafic de + 50 % cette année, soient 50 000 véhicules de moins dans l’île de Ré… et des rentrées financières en moins pour le pont… Pour le Plan Digues, sur lequel travaille Patrice Raffarin, le PAPI 1 va s’achever, les études du PAPI 2 sont en cours… Environnement toujours, avec les sauniers, le Département a organisé en 2023 la 1ère édition du Festival Fleur de Sel, Véronique Richez Lerouge y a travaillé… L’île de Ré est un atout extraordinaire pour notre département. »

Jean-Philippe Plez, conseiller régional Nouvelle Aquitaine

« La Région a pour compétences l’économie/emplo/formation, la jeunesse, l’aménagement du territoire et la transition écologique et énergétique… Elle est loin et pourtant elle est dans le quotidien des habitants, nous travaillons avec les élus et acteurs des territoires, dans un dialogue constant. Dans le cadre du territoire de contractualisation La Rochelle-Ré-Aunis signé par Alain Rousset sur l’île de Ré en avril 2023, 32 projets co-financés par la Région concernent l’île de Ré, 13 ont été financés en 2023, dont la réhabilitation du bâtiment du quai de La Criée (Ars, projet CdC) ou encore la restauration de La Poudrière (Saint-Martin), sans oublier le Plan Alimentaire de Territoire… »

Olivier Falorni, député La Rochelle-Île de Ré

Il a participé à la majorité des cérémonies des voeux des maires de l’île de Ré, ainsi qu’à celle du président de la CdC.

« Nous avons vécu une année violente… Je souhaite que 2024 soit l’année du respect, de la solidarité et de l’espoir… Parfois les mots sont immenses, d’où l’importance de l’éducation et de la langue… Souvent les naissances sont indexées sur l’espérance, je souhaite que La France mise sur celle-ci, car le désespoir des peuples amène aux peurs et au pire… »

 

Un préfet à l’écoute

«La CdC de l’île de Ré donne à voir l’importance qu’a une intercommunalité dans l’administration d’un territoire et les négociations nécessaires. Elle a son lot de réussites, et est une collectivité un peu particulière, les Rétais ont différentes qualités que d’autres n’ont pas, un environnement un peu particulier, patrimoine naturel et vivant exceptionnel. », ainsi le préfet a-t-il commencé son discours.

« Concernant la transition écologique et le développement des énergies renouvelables, le CRTE* a son rôle à jouer, pour donner de la cohérence stratégique aux actions menées. Il faut aller plus loin, avec la reconversion thermique des bâtiments, et le Fonds Vert peut contribuer aux rénovations écologiques.

En matière de submersion marine, le PAPI est un plan très partagé. Pour l’érosion et la gestion du trait de côte, il convient de définir une stratégie, protéger le littoral là où il le faut, les Communes ne peuvent agir seules, l’intercommunalité et l’Etat sont à leurs côtés.

La transition démographique a un effet sur les écoles, il faut voir comment se projeter dans les trois ans, que vous donniez votre vision, en travaillant avec l’Education Nationale.

Concernant l’EHPAD, il faut écouter, savoir trouver des compromis, avoir une capacité collective à faire venir des aides-soignants, on est au taquet, il faut lever les freins à l’emploi.

J’espère revenir vers vous prochainement avec une solution pour des logements prioritaires, nous cherchons des solutions concrètes. L’Etat est un apporteur de solutions, parfois ce sera « Non, mais à la place voilà ce qu’on vous propose ». Nous apportons aussi une méthode de travail, pour parfois corriger des habitudes.

Nous souhaitons tenir compte de la vision des élus de l’île de Ré, nous ne sommes ni dans le centralisme, ni dans la centralisation, mais dans des politiques partagées, avec des hommes et femmes qui s’engagent pour leur territoire. Nous n’aurons pas de dissensus, nous réussirons ensemble. »

Une approche plutôt agréable pour les élus rétais, et une sorte de « feuille de route » de ce qu’attend du président de la CdC et des maires le représentant de l’Etat en Charente-Maritime.

Au lendemain des voeux, Lionel Quillet ne cachait pas sa grande satisfaction quant à ce discours prometteur : « Tout le monde ne s’en est peut-être pas rendu compte, mais le préfet a fait trois annonces très fortes : l’Etat est avec nous pour sauver l’EHPAD, il appuie fortement la signature d’une convention d’Insularité avec l’Education Nationale, visant à protéger nos écoles, et il n’a pas dit non pour que la CdC élabore un plan de lutte contre l’érosion et mène les travaux, évidemment là où la protection des populations est en jeu. Ce sont trois très bonnes nouvelles. »

Nathalie Vauchez

**CRTE : Contrat de relance et de transition écologique.

Nathalie Vauchez

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires