Nature

Protection de la faune

15 tortues retrouvent la liberté à La Conche

© Jennifer Imé - Nazaré est la plus grosse des 15 tortues relâchées le 8 juin. Elle pèse 37 kilos et s’était échouée en Vendée au mois d’avril
Publié le 27/06/2023

Quinze pensionnaires du Centre de soins pour les tortues marines (CESTM) de l’Aquarium de La Rochelle ont été relâchés jeudi 8 juin plage de La Conche à Saint-Clément des Baleines. Un nombre historique dû aux évènements météorologiques de cet hiver et, de manière plus globale, au réchauffement climatique.

« C’est un moment stressant mais très émouvant », explique Elsa Mesmieres, soigneuse au CESTM, avant de relâcher la première des quinze tortues qui doivent retrouver la liberté ce matin-là. « On leur a donné les premiers soins, on les a nourries et veillées pendant des mois. Et là, c’est l’aboutissement de notre travail : relâcher ces animaux dans leur milieu naturel, et en bonne santé ». Deux par deux, les tortues ont été libérées par l’équipe de soignants à quelques mètres de l’eau. Deux plongeurs les y attendaient afin de les aider à rejoindre les courants. Une opération qui a duré plus d’une heure, devant le regard ébahi des élèves de quatre classes primaires de différentes écoles de l’île. De nombreux journalistes et caméras étaient également présents pour immortaliser cet instant historique dans l’histoire du Centre. « En 2001, nous avions relâché une quarantaine de tortues, mais beaucoup venait d’Espagne avec qui nous travaillions à l’époque », explique Florence Dell’Amico, responsable du CESTM. « 2023, c’est historique, car toutes ces tortues se sont échouées sur la côte atlantique française en quelques mois. Nous en relâchons quinze aujourd’hui, mais il en reste une dizaine dans notre centre de soin et nous en recevons encore. »

Des tortues piégées dans les eaux froides

Sont en cause les phéno-mènes météorologiques extrêmes survenus cet hiver. Les tortues, très jeunes pour la plupart, se sont retrouvées piégées et fragilisées dans les eaux froides, puis poussées près des côtes par des courants forts. « Le réchauffement climatique a joué un rôle important, oui » affirme Florence Dell’Amico. « Non seulement cela intensifie les tempêtes, en nombre comme en puissance, mais en plus cela change les courants. Les tortues se retrouvent dans des zones où elles ne sont pas censées être. Piégées dans des eaux froides auxquelles elles ne sont pas habituées, certaines arrivent avec des pathologies lourdes, comme des infections pulmonaires. La plupart sont carencées, en situation d’hypothermie voire de déshydratation. »

Pesant en moyenne deux kilos, ces tortues juvéniles ont donc pu retrouver leur milieu naturel. Mais pour aller où ? « On les relâche depuis cette plage car nos études ont montré que c’est le meilleur endroit pour rejoindre le large », explique Florence Dell’Amico. « Mais ensuite on ne sait pas où elles vont ! On a placé des balises sur six d’entre elles, ce qui nous permettra de les suivre pendant les six prochains mois et d’en savoir un peu plus sur leurs déplacements. » Les tortues caouannes (Caretta caretta) sont présentes dans toutes les régions tempérées et tropicales des océans Atlantique, Pacifique et Indien. C’est la seule espèce à nidifier en zone tempérée. Depuis 1988, 207 tortues caouannes ont pu retrouver leur milieu naturel en bonne santé grâce au CESTM, ainsi que 9 tortues de Kemp et 4 tortues vertes.

Aurélie Bérard

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