Territoire

Inauguration et financement des chantiers de protection

La région finance la protection des côtes de l'île de Ré et de Charente-Maritime.

La Région aux côtés du Département et de l’île de Ré pour la protection du littoral

Dominique Bussereau, Lionel Quillet, Elise Dabouis, Vital Baude et Gérard Blanchard, sur le chantier des Doreaux
Publié le 06/07/2017
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Le délégué régional au littoral, Vital Baude, a annoncé le 22 juin, sur l’île de Ré, que le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, acceptait de financer 12,3 millions d’€ supplémentaires nécessaires aux chantiers de protection des côtes de Charente-Maritime.

C’est déjà sur l’île de Ré, lors de la campagne des Législatives de 2012, que Lionel Quillet, président de la Mission Littoral du Département avait obtenu de la présidente de Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, un financement des digues de Charente-Maritime (dans le cadre des Programmes d’Action de Prévention des Inondations) à hauteur de 20 %, aux côtés de l’Etat (40 %), du Département (20 %) et des collectivités locales, soit, sur Ré, la Communauté de Communes (20 %). Une décision arrachée avec toute la conviction et l’opiniâtreté qu’on lui connaît.

La Région n’était pas engagée sur les avenants aux PAPI

Si la Région Nouvelle-Aquitaine était tenue par les engagements de la précédente Poitou-Charentes quant au financement des PAPI de Charente- Maritime, Lionel Quillet ne cachait pas depuis un an son inquiétude sur la position qu’allait prendre le président Alain Rousset sur le financement des avenants au PAPI, liés soit à des surcoûts, soit à des compléments de chantiers non initialement prévus. D’autant plus que le versement de la part de 20 % de la Région se faisait attendre. Si l’Etat, le Département et la CdC de l’île de Ré étaient disposées à financer ces avenants, c’était silence radio du côté de la Région. Or sans les 20 % de la Région ces avenants… tombaient à l’eau ! En parallèle, les déclarations d’Alain Rousset au sujet de la défense douce des côtes à privilégier (la protection dunaire est beaucoup plus développée sur le littoral aquitain qu’en Charente-Maritime) faisaient planer le doute sur l’appréhension par la Région de la spécificité de la défense des côtes de la Charente-Maritime.

Inaugurations et visite de chantier

Inauguration de la digue du Boutillon (île de Ré), chantier financé par la région.

Patrick Rayton et Jean-Louis Olivier coupent le ruban d’inauguration de la digue du Boutillon, à cheval sur La Couarde et Ars, entourés de Dominique Bussereau, Elise Dabouis, Lionel Quillet, Vital Baude, Gérard Blanchard et d’autres maires rétais.

C’est donc un président de la Mission Littoral et de la CdC de l’île de Ré heureux qui a procédé, sous un soleil de plomb, à l’inauguration ou visite de chantier de trois ouvrages majeurs de défense de l’île de Ré, jeudi 22 juin après-midi. Il avait, en effet, eu confirmation le matin même, lors de la Mission Littoral, du feu vert donné par Alain Rousset.

Sous la présidence de Dominique Bussereau, accompagné de la sous-préfète de Jonzac, Elise Dabouis (le préfet Eric Jalon n’étant pas encore remplacé), du Conseiller régional délégué au Littoral, Vital Baude et de Gérard Blanchard, vice-président de la Région, ainsi que de plusieurs maires de l’île de Ré, Lionel Quillet a inauguré en premier lieu la porte coulissante anti-submersion du Port de La Flotte (3,6 millions d’€), puis visité le chantier de la digue des Doreaux à Saint-Clément (montant total de 9,5 millions d’€ pour l’intégralité des deux lots du chantier représentant 1,6 km de linéaire !) avant d’inaugurer l’imposant ouvrage du Boutillon à cheval sur La Couarde et Ars (10,9 millions d’€ pour assurer la « continuité territoriale » de l’île de Ré). Trois systèmes de défense contre les submersions, sur trois sites très différents, tous inscrits au PAPI 1 et achevés ou en cours de réalisation (St Clément). Ces visites exprès se sont achevées au siège de la CdC, pour les discours.

Le financement sera examiné et suivi projet par projet

Vital Baude a expliqué que le début de mandat n’avait pas été simple pour la nouvelle Région, devant intégrer deux cultures et fonctionnements très différents entre le Poitou-Charentes et l’Aquitaine, et que les élus avaient aussi souhaité examiner de près le dossier, au regard du montant important sollicité. C’est en effet une enveloppe complémentaire de 12,3 millions d’€ que la Région apporte, en sus de son engagement initial à hauteur de 27 millions d’€. Au-delà de plusieurs sites sur l’île de Ré (lire encadré), ce sont les PAPI de l’ensemble du littoral de la Charente- Maritime qui sont concernés. Vital Baude s’est dit rassuré par ce qu’il avait vu et entendu sur l’île de Ré, tandis que Lionel Quillet a confirmé sa satisfaction que de nouveau cette bonne nouvelle soit annoncée sur l’île de Ré.

Un engagement fort de Dominique Bussereau et Lionel Quillet

Le symbole est fort et justifié au regard de l’engagement de l’élu Rétais depuis Xynthia, à l’origine de la création de la Mission Littoral, et soutenu sans discontinuer par son Président, Dominique Bussereau. C’est grâce à eux, et à l’expertise des services du Département, que la Charente- Maritime orchestre aujourd’hui le plus grand chantier de protection à la mer en France.

Vital Baude a toutefois rappelé qu’il ne pourrait être fait l’économie dans les années à venir d’une réflexion visant à arbitrer entre protection des populations, culture du risque et nouvelles façons de vivre et à appréhender le dérèglement climatique. Ceci à l’échelle de l’ensemble du littoral de la Nouvelle-Aquitaine.

Dominique Bussereau a rappelé le travail réalisé par la Mission Littoral et son président Quillet depuis sa création, au lendemain de Xynthia, en insistant sur la difficulté de réalisation de certains PAPI comme celui de l’Estuaire de la Charente, avec un Syndicat Mixte coordonnant de nombreuses collectivités. Il a aussi dit sa satisfaction quant à la très récente décision du Conseil Constitutionnel ayant jugé légale l’écotaxe qui permet de mener sur l’île de Ré à la fois une politique de préservation et gestion des Espaces Naturels Sensibles et de mettre en place l’un des meilleurs réseaux de transport public autonome. Evoquant la « Loi » GEMAPI qui doit transférer aux collectivités locales la compétence de défense des côtes à partir de janvier 2018, le président de Charente-Maritime espère qu’il sera possible dans certains cas de créer un Syndicat Mixte à l’échelle d’un département, qui se substituerait aux collectivités locales, qui ne seraient pas en mesure financièrement et techniquement d’assumer la compétence.

Lionel Quillet a conclu en remerciant à nouveau la Région pour cet apport de 12,3 millions d’€ qui permettra d’assumer les 50 millions d’€ supplémentaires aux 150 millions initiaux, nécessaires pour la finalisation des chantiers de protection de Charente-Maritime à horizon 2020.

Une belle journée donc que ce 22 juin, pour l’île de Ré et la Charente-Maritime.

 

 L’île de Ré très concernée

Avec les avenants et chantiers complémentaires, le coût de protection est passé de 44,6 millions d’€ à 55.2 millions d’€ sur l’île de Ré, dans le cadre du PAPI. Aux Portes ce surcoût est chiffré à 3,545 millions d’€, à Ars il représente 1,905 million d’€, tandis que le changement de projet du bureau technique représente un surcoût de 2,466 millions d’€ à Loix, le surcoût est de 350 K€ au Boutillon, il est estimé à 586 K€ à La Couarde, 893 K€ à La Flotte et 835 K€ à Sainte-Marie. Soit 10.58 millions d’€, qui seront donc financés à 40 % par l’Etat et 20 % par chacune des trois collectivités : Région, Département et CdC.

 

Nathalie Vauchez

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