Loisirs

Langage corporel

Percussions corporelles : quand le corps devient un instrument de musique

« À partir de 8 ans, c’est l’idéal pour s’amuser vraiment et que chacun trouve son rôle »
Publié le 13/11/2017
Noter cet article

L’école de musique du Bois-Plage propose à tous de s’initier aux infinies possibilités du langage corporel.

Alternance de mouvements frappés, frottés, secoués ; en utilisant les mains, les jambes, les pieds, la poitrine, la bouche, les joues… Les percussions corporelles se pratiquent depuis la nuit des temps dans tous les continents.

Simple outil de communication (son antériorité atteste des premières formes d’échange) ou espace de partage où chacun joue du même langage, le corps en rythme, est aussi un art, symbole parfois en désuétude des cultures qui l’ont vu s’exprimer.

En 2011, l’Unesco inscrivait à la liste du patrimoine immatériel menacé le « Saman », danse traditionnelle d’Indonésie aussi connue sous le nom de « danse des mille mains ». Flamenco, claquettes, « Juba » des noirs américains… L’expression corporelle musicale quitte désormais le champ du folklore populaire avec des groupes actuels comme « Stomp », la référence en matière de percussions en tout genre. Depuis 2008 : l’International Body Music Festival met en avant cette discipline novatrice et fédératrice en pleine effervescence. Aux frontières de la danse et de la musique, aux confins de l’affect et du symbole, la pratique des percussions corporelles participe même à « une démarche d’insertion dans l’existence » selon l’ethnologue André Leroi-Gourhan.

Jeu de mains n’est pas toujours jeu de vilain

Secs, étouffés, résonnants, en mode step ou beatbox : les résultats que l’on peut obtenir avec un peu de concentration et de créativité sont époustouflants ! Au delà des clivages culturels, économiques, d’âge ou de genre, cette forme d’expression véhicule un message d’universalité aux vertus thérapeutiques. On parle même de « rythmothérapie »… Comme si le geste, dont la main est le principal vecteur de locomotion, libérait la parole.

Professeur de flûte traversière depuis 30 ans, Irène Just est aussi une fine pédagogue qui s’intéresse depuis longtemps aux effets organiques et psychologiques bénéfiques des percussions corporelles. Voici deux ans qu’elle intervient auprès des handicapés mentaux du CDAIR* contribuant à leur faire travailler la coordination, l’écoute, la mémoire, l’expression de soi et donc la sociabilité dans une mesure inventée où chacun a sa place. Elle en est convaincue : « oser le corps mélodique favorise une prise de conscience de soi et des autres ».

Un petit groupe s’est formé à l’école du Bois, mais Irène aimerait le voir s’étoffer pour explorer tout le potentiel de cette musique originelle aux sources du dialogue. On applaudit…

Marie-Victoire Vergnaud

* Centre départemental d’accueil de l’île de Ré

 

Renseignements :

05 46 01 14 89

ecoledemusique.iledere@sfr.fr

 

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires