Environnement

Dévasage

Ça bouge sur le port d’Ars !

Le carénage sauvage : une pratique dont il faudra se défaire
Publié le 23/01/2018
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Au terme de longs mois de concertations houleuses, la municipalité, gestionnaire du port d’Ars, et les associations d’usagers, conviennent ensemble de l’urgence du dévasage* des bassins et du chenal et parviennent à s’entendre sur un plan d’action commun.

La multiplicité des acteurs en présence transforme le dévasage en un imbroglio administratif qui présage bien des longueurs de procédure.

Un problème plus complexe qu’il n’y paraît

Outre le gestionnaire du port, la DDTM, l’Agence de l’eau, la Commission des sites, la Mission mer du Conseil départemental, la Communauté de Communes et les associations d’usagers (CLUPP**, AUPAR, CNAR, URCAN, UNAN, FNPA), les ostréiculteurs et les producteurs de crevettes voisins ont aussi leur mot à dire. À cela il faut ajouter les contraintes environnementales et administratives liées à l’inscription du territoire dans les zones Natura 2000, Ramsar et du Parc Naturel Marin.

Les experts estiment à 80 000 m³ le volume à extraire et le budget, initialement évalué à 400 000 €, ne semble plus correspondre à la réalité du terrain au fil des années. D’autre part, les prélèvements effectués en 2016 et 2017 avaient révélé en deux points des boues classées N2 (toxiques avec obligation de traitement). Dès lors la complexité du problème s’intensifie mais ce n’est pas tout.

Bonne conduite environnementale versus carénage sauvage

Pour obtenir les autorisations de dévasage et surtout en trouver les financements, il faudra montrer des signes de bonne conduite environnementale. Les nouveaux seuils de qualité des eaux diminuent par quatre la tolérance en matière de rejets toxiques, les dévasages futurs dépendront par conséquent de la qualité des boues. L’actuelle cale de mise à l’eau, utilisée pour les carénages, est obsolète au regard de la loi sur l’eau et le carénage en plein air, largement pratiqué, propage les résidus toxiques dans l’environnement. C’est une pratique dont les plaisanciers devront tôt ou tard se défaire et qui relève d’une amende de 5ème classe.

Une cale aux normes début 2019

Avant de mettre en place un plan d’action, il faudra donc disposer d’une cale de carénage aux normes. La faisabilité d’une telle infrastructure est envisagée sur l’îlot du port, par agrandissement de la cale de carénage des établissements Blondeau Marine. Les travaux sont visés pour début 2019.

Les membres du CLUPP se réjouissent aujourd’hui que « les choses bougent enfin ». Ils proposent par ailleurs des aménagements sur les règles de gestion et les aménagements du port : plus de souplesse dans le calcul de longueur des bateaux, vidéo-surveillance, balisage.

Véronique Hugerot

 

* Dans les bassins, bien des bateaux ne flottent plus, ce qui fait dire aux usagers que la redevance au ponton est une taxe de mouillage. Les moteurs, même en position haute, reposent sur les vases bosselées et s’endommagent. La fréquentation du port a chuté de 26 % en 2017 en raison de la difficulté d’atterrissage.

** Le CLUPP d’Ars, mis en place en 2015 sous la présidence de Jean-Claude Perrin, alors président de l’AUPAR, est le seul organisme reconnu par le code maritime pour représenter l’ensemble des usagers.

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