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Le triste départ de Nicolas Hulot

Publié le 05/09/2018
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Le départ de Nicolas Hulot quelles que soient les raisons qui le motivent est un mauvais coup porté à l’écologie d’abord, à la nature et sa biodiversité en particulier, mais aussi à la crédibilité du politique.

Un mauvais coup porté à l’écologie

Le départ d’un homme sincère, plutôt compétent, dont l’engagement de longue date s’est illustré tant en France que dans le monde est évidemment un mauvais coup pour la biodiversité, la santé de nos écosystèmes qui constituent une nécessité vitale pour la santé humaine de nos concitoyens (un air sain, des eaux saines, une alimentation saine pour faire simple) mais aussi pour la qualité de la vie qui nous intéresse tous en premier chef même si on est indifférent à la nature, à ses milieux, à ses espèces…

C’est un évènement d’autant plus grave dans un contexte extrêmement préoccupant, celui d’un empoisonnement général de notre environnement par les pesticides, par les pollutions des airs et des eaux… Et dont les populations sont de plus en plus informées et conscientes.

Car l’urgence dont on nous rebat les oreilles est bien là. Elle est vitale. Quelques exemples. Les premières maladies professionnelles des agriculteurs dues aux pesticides sont maintenant reconnues par la Société française, en l’occurrence par la Sécurité Sociale et la Mutualité Sociale Agricole. Or le pouvoir exécutif et le Parlement viennent de différer l’interdiction du Glyphosate, tandis qu’à nos portes en Charentes et non pas aux seuls USA, les malades et les décès se succèdent… Ou encore que boire l’eau du robinet est déconseillé pour les femmes enceintes et les nourrissons de l’ex Poitou-Charentes…

Que les néonicotinoïdes, tueurs d’abeilles, obligent les arboriculteurs, à payer des apiculteurs pour amener des ruches dans leurs vergers sans lesquelles leurs arbres fruitiers n’auraient pas de fruits.

Que les décès dues aux pollutions de l’air (automobiles, industrielles, agricoles…) reconnues par la médecine vont croissants au fil des épisodes anticycloniques.

Que les eaux terrestres de surfaces ou profondes ou les eaux marines littorales concentrent pesticides, molécules médicamenteuses, hormones dont on commence à mesurer la gravité des incidences sur la santé humaine et les écosystèmes. Et pas seulement hélas…

Un mauvais coup porté au politique

Et notamment à la crédibilité de ceux qui disaient incarner un nouveau monde politique, plus moderne, plus pragmatique, plus ouvert, plus près du terrain et de la société civile, conscient des urgences environnementales.

Le peu de cas accordé aux sujets de l’écologie par Le Président de la République, par son équipe gouvernementale, par les parlementaires en général et par une très grande partie du haut fonctionnariat français tous centrés exclusivement sur leur misérable destin individuel, est un fait.

Car ce qui fait ou défait leurs carrières est très éloigné voire opposé aux préoccupations et actions en faveur de l’environnement.

Nicolas Hulot n’a pas pu supporter plus longtemps ce constat d’une triste réalité. Lui qui défendait LA cause environnementale. Celle de l’intérêt général en conflits ouverts avec les lobbies et leurs représentants politiques, au seul bénéfices d’intérêts individuels.

Le combat était inégal. Il a jeté l’éponge épuisé non par le travail colossal mais par l’indifférence générale et les coups bas de ceux-ci… Restent les associations et l’opinion publique qui, pour une grande part, ont compris et partagent ses sentiments.

Les associations vont continuer le dur combat pour un environnement préservé, dans le seul intérêt général des générations d’aujourd’hui et de demain.

Encore plus motivées par tant d’indifférences coupables ! Nous en serons…

Dominique Chevillon

Dirigeant associatif

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Vos réactions

  • danau
    Publié le 13 septembre 2018

    Monsieur Chevillon merci pour ce bel article .L; île de Ré est elle respectueuse de l environnement .Je ne le crois pas . Je vais souvent à la plage Sablanceau côté non naturiste quantité de mégots dans le sable.quasiment pas côté naturiste Pourquoi ne pas mettre un panneau à chaque entrée de plage interdiction de fumer sous peine d’amende . Plastic noir des vignes qui se déchirent volent au vent et bien sûr arrivent un jour ou l autre à la mer surtout l hiver . on verse encore des désherbants au pieds des vignes et les pulvérisations sont faites de quoi?
    on donne toujours des sacs plastiques sur les marchés.même par le maraîcher bio les paniers les cabas cela servent à quoi.?. je conçois pour les poissonniers mais avec du plastique recyclable.ce qui n’est pas le cas .
    Sur les dunes le bois la Couarde on se ballade malgré les fils de fer.de protection.à quand l autorisation des panneaux solaires ?
    et tous ces déchets le long des pistes cyclables. Le respect de la nature est encore loin des soucis des vacanciers.
    La chasse à 200 euros cette liste d’oiseaux à abattre .La corrida toujours d’actualité dans certaine ville la mentalité reste bien primaire le moyen âge subsiste encore .
    cordialement
    Danielle ADELE

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  • marieJu
    Publié le 13 septembre 2018

    Etre préoccupé de “son misérable destin individuel” n’est pas l’apanage des gouvernants et proportionnellement à la population il l’est certainement moins élevé, car ces gens là sont au charbon et leur niveau d’éthique individuel est extrêmement variable, allant de l’excellence à la nullité, à l’instar de tout un chacun.
    Quand j’entends un agriculteur rétais menacer son voisin d’arroser la lisière de leurs champs adjacents de RoundUp parce qu ‘il ne supporte pas que quelques herbes ou rameaux dépassent du grillage qui les sépare, je comprends que Ré soit évidemment une éponge de pesticides et d’herbicides toxiques, le nombre excessif de cancers du système sanguin et lymphatique en témoignant amèrement sans que cela ne fasse réfléchir quiconque à l’urgence de mesures d’interdiction drastiques, contrôlées et accompagnées d’aides à la transition. Notre charmante île pourrait être un exemple de paradis terrestre. Hélas il est au niveau quasiment zéro de la responsabilité environnementale.
    J’ai même perçu la fierté de pouvoir “bénéficier” des meilleurs soins médicaux…palliatifs pour traiter un personne jeune d’un cancer manifestement induit par sa profession.
    Il est urgent que chacun sente l’obligation d’aller au charbon, en modifiant son mode de consommation et d’habitat.
    On a toutes les données. Chacun doit d’en emparer et travailler à rendre la terre entière
    habitable pour tous, l’adage ” Un pour tous, Tous pour un” n’étant pas obsolète mais fondamental sauf à désirer vivre dans un ghetto de luxe rêvé, voué à la disparition à plus ou moins long terme, tels les forteresses qui fleurissent de par le monde depuis la nuit des temps et qui constituent des ruines aussi magnifiques que monstrueuses, des verrues fascinantes, sièges obsolètes de soi-disant destins individuels brillants, alors qu’il ne s’agit que de prédateurs arrogants.
    STOP à cet aveuglement et à cette incurie généralisés.

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