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Incident technique

Quand le pont pète un câble

Il a bien des choses à nous dire...
Publié le 19/09/2018
Quand le pont pète un câble 4.83/5 (96.67%) 6 votes

Le jeu de mots est insouciant mais il faut bien relativiser. Le Pont, dont nous évoquions la sécurité et l’entretien dans notre dernier numéro, se moque de nous et continue d’accaparer l’actualité.

La nouvelle est tombée jeudi 13 septembre au soir par voie officielle du Département : lors de la visite de contrôle de rentrée (la dernière datant du 10 juillet), il a été constaté la rupture de l’un des douze câbles de précontrainte de l’une des sections (40 câbles en tout). Une affaire sérieuse entraînant des mesures immédiates.

Un câble de précontrainte, qu’est-ce-que c’est ?

Six sections composent le pont sur toute sa longueur. Indépendantes les unes des autres, leur stabilité est garantie par la présence de câbles en acier gainés de plastique, dont la fonction est la compression du béton et l’optimisation de la résistance au poids engendré par le trafic. Ils sont nommés câbles de précontrainte. C’est l’un deux qui a cédé, entraînant les mesures prises (lire infra).

Les solutions apportées

Des spécialistes nationaux du CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) et de l’IFSTTAR (L’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux) se sont déplacés dès ce début de semaine afin d’analyser le câble. Les capteurs acoustiques de l’entreprise Sixense, qui vont permettre d’examiner les 40 câbles, ont été récupérés. Les personnels travaillant à l’intérieur du Pont sont complètement sécurisés.

Le nouveau câble, de 400 m de long et 15 cm de diamètre, va être fabriqué sur place à partir de la dernière semaine de septembre. Il faudra sans doute un mois pour le réaliser et le positionner à la place du câble défectueux.

Les mesures prises par le Département en concertation avec la Préfecture

La rupture du câble a entraîné dans un premier temps, dès le 13 septembre, l’interdiction de circuler aux convois exceptionnels de plus de 40 tonnes, puis des restrictions élargies dès le lendemain 14 septembre : obligation de distance de sécurité de 200 m pour les camions de plus de 3,5 tonnes et une limitation de vitesse pour tous les véhicules à 50 km/h.

Un certain nombre de problèmes ont vite surgi : un cirque à évacuer de l’île de Ré, et surtout des blocages pour rentrer sur l’île : camions des Leclerc, Intermarché et autres grandes surfaces, toupies du BTP, gros engins prévus sur le chantier de protection à la mer de Rivedoux et sur le chantier de La Maline… Certaines Entreprises (nationales) en profitant pour évoquer d’entrée de jeu des « manques à gagner » et réclamer des « dédommagements » !

Une réunion en Préfecture lundi 17 septembre au soir (Ré à la Hune déjà sous presse) devait entériner la mise en place d’un pont-bascule de pesage à l’entrée du Pont, du côté de La Rochelle, afin que ce ne soient plus les 40 tonnes inscrits sur la carte grise qui soient prises en compte, mais bien le poids réel des camions. Ce qui réglera les problèmes évoqués, les camions et engins BTP ressortant de l’île à vide.

De même, les camions d’évacuation des déchets de l’île de Ré seront-ils pesés au centre de transfert du Bois-Plage pour ne pas excéder le poids autorisé.

Pour l’évacuation du cirque (prévue dans la nuit du 17 au 18 septembre), dépassant les 40 tonnes, un convoi exceptionnel et très encadré a été acheminé à 5 km/heure.

Ainsi peut-on constater, à l’occasion de cet incident, que du côté des pouvoirs publics, une extrême vigilance est de mise et c’est plutôt rassurant. La stabilité du pont n’est pas remise en cause. Le risque viendrait plutôt de rumeurs frissonnant déjà sur les réseaux sociaux comme celle annonçant des problèmes d’approvisionnement alimentaire ou encore de circulation alternée ! Il faut savoir raison garder. Soyons en revanche responsables et respectons les nouvelles conditions de circulation stricto sensu.

Pauline Leriche-Rouard et Nathalie Vauchez

 

Conférence AAMEC

L’histoire (technique) du Pont de Ré

Après un dîner annuel dont il était le thème, Nanou de Bournonville, présidente, a proposé aux adhérents de l’Association des Amis du Musée Ernest Cognacq une conférence sur l’histoire du pont.

Mais qui est donc Régis Hardy ? Ni historien ni urbaniste, M. Hardy sait néanmoins tout du pont. Et pour cause : ancien ingénieur divisionnaire des travaux publics d’Etat, il a eu la chance de suivre et même de participer aux trois des grands étapes qui marquent l’histoire et l’avènement du pont.

De 1960 à nos jours

« Dans les années 60, il y avait déjà un projet de pont pour Ré » révèle le spécialiste qui eut d’ailleurs l’opportunité de participer aux premières études préalables commandées dans les années 70-75. Si sa carrière professionnelle le conduit vers d’autres cieux, il est à nouveau relié au (futur) pont dans les années 84-90, puisqu’il est alors Chef du Service à l’Equipement, chargé de passation des marchés publics. Nous voilà au coeur même de la construction du pont, dont l’ingénieur organisera ensuite de nombreuses visites, dans ses entrailles secrètes.

Régis Hardy connaît le pont de Ré, c’est peu dire. Il en a tout suivi ou presque. Pourtant, il s’arrête aussi longuement sur feu les bacs.

Flash-bacs

Si c’est déjà loin pour les plus jeunes, nombreux sont ceux dans l’assistance qui ont vécu avec eux et s’en souviennent (avec ou sans nostalgie). Et Régis Hardy le rappelle avec la force de la réalité : la flotte de trois bacs qui assuraient les traversées était à bout de souffle et son coup de remplacement bien trop élevé, sans oublier les files d’attentes qui s’allongeaient d’année en année. L’ingénieur retraité évoque aussi une disparue, la seconde ligne de Sablanceaux, peu utilisée et qu’on lui demanda néanmoins d’aménager pour assurer la dernière année d’exploitation de bacs qui avaient fait leur temps. Ce qu’il fit avec ingéniosité et sans budget en pratiquant la récup’ !

Il y eut aussi un projet de tunnel mais il présentait trop de problèmes techniques, et trois longueurs de pont envisagées : court, moyen et plus long que l’existant. C’est qu’il fallait aussi étudier les points de départ et d’arrivée ! Le moyen l’emporte et les travaux débutèrent, comme chacun le sait, début 1987, après un appel d’offre aux concours remporté par Bouygues, non en raison d’un coût moindre mais d’une méthode dite du « coût complet », incluant investissement et exploitation, soit un an d’économies pour un pont qui depuis, n’a cessé de porter toujours plus de véhicules.

Détails techniques

Enfin si l’on veut… Tout le monde sera content d’apprendre que la menace sismique a été prise en compte pour le pont, tout comme l’impact que provoquerait un navire de lourd tonnage venant accidentellement le heurter.

Régis Hardy nous apprend également que si sa distance est de près de 2 km, sa courbure induit 5000 mètres sur un plan horizontal, que ses piliers sont truffés de minuscules cannelures, dans un souci d’alléger sa silhouette, ou encore que la dilatation des câbles de précontrainte est d’environ 20 cm maximum, de « fortes chaleurs pouvant imposer de réduire la charge ». Début de piste pour expliquer l’incident touchant le pont ?

Pour conclure cette charmante (et instructive) soirée, parole fut donnée aux participants. Quelques questions techniques et puis une, inévitable, portant sur la perspective d’une troisième voie. S’il ne peut bien sûr, poser un diagnostic, Régis Hardy affirme en revanche que toucher à la structure du pont n’est pas une mince affaire. On s’en doutait. De toute façon, nous n’en sommes pas là.

Commençons déjà par réparer le câble et trouvons la cause de sa rupture !

Pauline Leriche Rouard

 

RESTRICTIONS DE CIRCULATION SUR LE PONT DE L’ÎLE DE RÉ

Une visite d’inspection étant programmée ce soir au sein du pont de Ré, la circulation sera interdite à tous les poids lourds dont le PTAC* est supérieur à 3,5 tonnes à compter de 20h00 ce mardi 18 septembre jusqu’à 7h00 demain mercredi 19 septembre.

* Poids Total Autorisé en Charge

Cette visite est technique et non ouverte à la presse. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des suites qui y seront données.

Restriction de circulation toujours en cours

La circulation des poids lourds dont le PTAC excède plus de 40 tonnes demeure interdite.

La vitesse est limitée à 50km/h sur l’ensemble du pont.

La distance de sécurité entre les poids lourds (PTAC supérieur à 3,5 tonnes) est portée à 200m.

CP

SUITE DE LA VISITE D’INSPECTION MENÉE DANS LA NUIT DU MARDI 18 SEPTEMBRE AU MERCREDI 19 SEPTEMBRE AU PONT DE RÉ

La visite d’inspection menée dans la nuit du 18 septembre dernier par les services spécialisés du réseau scientifique et technique de l’Etat avec les services du Département a confirmé le bien-fondé des mesures prises sur le pont de Ré, il n’est donc pas envisagé d’accroître les mesures de restriction de circulation.

Les services du Département continueront à effectuer une visite quotidienne de l’ouvrage.

Pour faciliter l’accès des transports de marchandises à l’Île de Ré, la restriction de tonnage ne prendra désormais plus en compte que le nombre d’essieux des véhicules.

Les prochains travaux de contrôle et de remplacement du câble seront effectués de nuit, avec une limitation de tonnage pour les transports de marchandises à 3,5 tonnes et avec une circulation alternée.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’avancement des travaux.

Rappel restrictions de circulation en cours

La vitesse de l’ensemble des véhicules est limitée à 50km/h.

La circulation des véhicules affectés au transport de marchandises dont le PTAC* est supérieur à 32 tonnes et des ensembles routiers affectés au transport de marchandises dont le PTRA** est supérieur à 38 tonnes comportant plus de 4 essieux, est interdite.

Tout arrêt de véhicule est interdit sur la section n°2 du pont (Panneau sur site).

Une inter-distance de 200m doit être respectée sur l’ensemble du pont entre les véhicules dont le PTAC est supérieur à 3,5 tonnes.

* PTAC : Poids Total Autorisé en Charge

** PTRA : Poids Total Roulant Autorisé

CP

 

RESTRICTIONS DE CIRCULATION SUR LE PONT DE L’ÎLE DE RÉ

Des travaux d’inspection étant programmés au sein du pont de Ré lundi 24 septembre prochain, la circulation sera interdite (sauf aux véhicules de secours) à tous les véhicules affectés au transport de marchandises dont le Poids Total Autorisé en Charge (PTAC) est supérieur à 3,5 tonnes à compter de lundi 24 septembre à 20h00 au mardi 25 septembre 2018 à 6h00.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des suites qui y seront données.

Rappel des restrictions de circulation en cours

La vitesse de l’ensemble des véhicules est limitée à 50km/h.

La circulation des véhicules affectés au transport de marchandises dont le PTAC* est supérieur à 32 tonnes et des ensembles routiers affectés au transport de marchandises dont le PTRA** est supérieur à 38 tonnes comportant plus de 4 essieux, est interdite.

Tout arrêt de véhicule est interdit sur la section n°2 du pont (Panneau sur site).

Une inter-distance de 200m doit être respectée sur l’ensemble du pont entre les véhicules dont le PTAC est supérieur à 3,5 tonnes.

* PTAC : Poids Total Autorisé en Charge

** PTRA : Poids Total Roulant Autorisé

CP

 

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Vos réactions

  • Jean-Pierre
    Publié le 19 septembre 2018

    Ne pensez vous pas que l’usure des câbles est du au tres nombreux passages des camions transportant les rochers pour la digue de ST clément, pour le renfort des dunes, etc…

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  • Claudie j
    Publié le 20 septembre 2018

    Merci pour toutes ces informations !

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  • fruisane
    Publié le 16 octobre 2018

    Pourquoi ne pas ferme t on pas le pont à la circulation pour les voitures (touristes) et ceux qui ne sont pas contraints de le prendre tant que le cable n’est pas réparé et surtout tant que l’on ne sait pas s’il y en a d’autres qui seraient défectueux. Biensur encore une Histoire d’argent ! Alors attendons et s’il y a un problème et bla bla bla et bla bla bla..

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