Activités primaires

AG AEMA

« Le marais ne vit que s’il y a des hommes dedans, qui le travaillent »

Le conseil d’administration de l’AEMA et Lionel Quillet ont dû expliquer longuement aux adhérents, les obligations et les contraintes liées aux zones humides
Publié le 26/04/2018
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Au cours de son AG du 18 avril dernier, l’association des étangs et marais a réaffirmé sa position forte et incontournable vis à vis des propriétaires.

Le président Jean-françois Beynaud a ouvert la séance en remerciant de leur présence le président de la Communauté de Communes, Lionel Quillet, les maires d’Ars et de Saint- Clément, Jean-Louis Olivier et Gilles Duval, ainsi que la soixantaine d’adhérents qui s’était déplacée.

La sortie de périmètre n’est pas possible

D’entrée la question de la sortie de périmètre a fait polémique au sein des propriétaires de marais. Lorsque ce point a été évoqué, beaucoup de voix se sont élevées pour dire qu’elles se passeraient volontiers de l’AEMA et témoigner de la cherté et de l’inutilité de la redevance. Mais l’association n’est pas responsable de cet état de fait, car la gestion de l’ensemble du périmètre de zone humide, qui est défini par arrêté préfectoral, est sous sa responsabilité. Un propriétaire de marais dans le périmètre de l’AEMA, doit rester dans le périmètre et par conséquent dans l’association. Toutefois, le conseil d’administration a listé, pour information, les noms des contredisants.

Se doter d’une vision globale de nos zones humides

Le président de la CdC a dû préciser haut et fort la position de l’État. Même si la population locale est fort attachée à son marais et en assure, depuis des temps ancestraux, la parfaite gestion, de nos jours la zone humide fait l’objet d’une stratégie territoriale encadrée par plusieurs textes contraignants en faveur de la biodiversité : l’action publique GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), la convention RAMSAR* (convention mondiale relatives aux zones humides), le réseau Natura 2000 (préservation des espèces et des habitats menacés).

« La gestion de la zone humide, a dit Lionel Quillet, implique des obligations au regard de la loi Gemapi, c’est pourquoi tout marais doit être lié à une association. La gestion stratégique des zones humides a pour objectifs la non-dégradation, la restauration et le maintien des activités dans l’ensemble de son périmètre (gouvernance, maîtrise d’ouvrage, plan d’actions, priorités, échéances, coûts). Dans sa gouvernance, l’AEMA, seule habilitée sur notre périmètre à intervenir en zone humide, a des obligations pénales et environnementale ».

La CdC a déjà investi 2,5 M€ dans les marais

La CdC a déjà investi 2,5 M€ dans les marais

Ajustement des cotisations

Se montrant très compréhensif à l’égard de ceux « qui ne souhaitaient pas payer un impôt supplémentaire » en sus du foncier, le conseil d’administration a proposé une baisse des cotisations de 30 € à 15 € par an. En revanche, le coût de la redevance, pour 2018, passe de 15 € forfaitaires à l’hectare à un forfait de 20 €, plus équitable pour les propriétaires de petites surfaces.

« Si vous n’exploitez plus vos marais, confiez-les à de jeunes exploitants a dit Jean-François Beynaud, car le marais ne vit que s’il y a des hommes dedans qui le travaillent ». « Pour les jeunes sauniers, l’accès au foncier est très difficile » a précisé Nicolas Bécaud, représentant de la Coopérative des Sauniers, alors que certains détenteurs de marais exprimaient le souhait de céder leur marais gratuitement. Le président de la Communauté de Communes leur a conseillé de le proposer, pour l’euro symbolique, aux voisins en activité ou de les vendre à la CdC qui prendra alors les frais notariés en charge.

Lionel Quillet a précisé que l’intercommunalité avait déjà investi 2,5 millions d’euros dans les marais et qu’on en voit aujourd’hui les résultats : si 40 % des marais ne « buvaient plus » dans les années 1970, aujourd’hui seuls 20 % sont encore inexploités et l’on compte 85 sauniers en activité sur l’île. La remise en eau des marais, prise en charge à 80 % par la collectivité, est primordiale pour le maintien de la zone humide mais il faudra encore compter six millions de travaux pour couvrir l’ensemble de l’île.

Résultats 2017 en hausse mais toujours déficitaires

Si les résultats de 2016 affichaient un déficit important de – 216 557 € lié à de forts investissements et à la gestion de l’après Xynthia, l’exercice 2017, en nette amélioration, affiche encore un résultat déficitaire de – 47 133 €, la mauvaise météo ayant ruiné les travaux dans les marais. La pelleteuse 13 tonnes a été vendue et remplacée pour un investissement de 84 000 €, à amortir sur 5 ans.

L’activité 2017, auprès des propriétaires privés comme dans le cadre du CTMA (Contrat territorial en milieux aquatiques) a été dense avec 1 500 tonnes d’algues vertes extraites à La Flotte, l’arrachage de ferrailles ostréicoles, le fascinage (protection des berges par la pose de pieux et de planches), la restauration de marais salants et des tests d’ouvrages à anguilles.

L’AEMA se félicite des chantiers en cours, restauration de marais salants, curage et entretien ostréicoles ou arrachage de plantes invasives (Baccaris à La Couarde) et mise en place d’ouvrages à anguilles. Les objectifs pour 2018 sont axés sur la réduction des dépenses, la limitation des investissements et l’équilibre budgétaire en fin d’année.

À l’issue de la réunion, la nécessaire solidarité des acteurs du milieu humide a été ravivée par les témoignages d’anciens sauniers évoquant leurs interventions, au pied levé et dans l’urgence, de colmatage de brèches lors d’inondations passées.

Véronique Hugerot

 

* Le marais du Fier d’Ars est le seul site classé en convention de Ramsar en Poitou-Charentes.

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