Culture

Actualité

La Maline : un renouvellement réussi avec le « Hors les Murs », un avenir à penser

Régisseur, comptable, président (de l’ARDC) et directrice/administratrice de la Maline, devant le chantier des travaux, dont la fin est prévue pour décembre 2019
Publié le 11/04/2018
Noter cet article

Alors que les travaux de la Maline ont récemment débuté et que le « Hors les Murs » sillonne les routes de l’île de Ré depuis quelques mois pour aller au-devant des Rétais, Ré à la Hune a rencontré le président de l’ARDC, Paul Neveur, en compagnie de l’Administratrice et directrice par intérim de La Maline, Aurélie Chauveau.

Fermée depuis le 1er octobre 2017 pour la réalisation des travaux d’agrandissement (2e salle de cinéma) et de rénovation complète, La Maline redouble d’efforts depuis lors pour continuer de proposer spectacles, séances de cinéma, ateliers à tous les publics rétais et bientôt vacanciers. Dépossédée de sa salle et de ses locaux, l’équipe désormais menée par Aurélie Chauveau, sous l’égide du président de l’Association rétaise de développement culturel, Paul Neveur, a pris le taureau par les cornes et a relevé le défi d’une programmation hors les murs jusqu’à la fin des travaux, prévue pour décembre 2019.

Un projet « Hors les murs » mené tambour battant

Souvent d’une situation compliquée naît de nouvelles idées. La Maline est ainsi dans cet état d’esprit depuis septembre dernier. « J’ai proposé au Conseil d’administration de l’ARDC mon projet « Hors les Murs » préparé en un temps record, celui-ci l’a approuvé à son unanimité. Il a fallu tout mettre en place dans un laps de temps très court » explique Aurélie Chauveau, dont l’énergie est à la hauteur de sa passion pour son métier. « Nous nous sommes rendus compte que l’image de La Maline était mauvaise auprès de nombreux acteurs du territoire, nous avons profité de la situation pour nous renouveler totalement ».

Après le week-end de fêtes de clôture de saison et avant travaux, l’équipe en effectif réduit de La Maline a dû gérer le déménagement, les nouveaux partenariats, imaginer un nouveau mode de fonctionnement, trouver de nouveaux lieux, s’adapter à un nouveau mode de travail beaucoup plus lourd, puisqu’à chaque fois il faut déplacer l’ensemble de la régie technique et préparer la salle accueillante. Sans oublier la communication, singulièrement « modernisée ».

Ce sont ainsi plus de trois cents séances de cinéma qui ont été organisées depuis novembre 2017 dans les communes favorables – certains maires n’ont pas souhaité accueillir La Maline dans les conditions proposées – et quatre spectacles depuis fin janvier (un à deux maximum par mois).

« Nous ne sommes jamais dans des conditions techniques idéales, il faut louer du matériel, acheminer la régie, cette itinérance est rendue possible par le projecteur numérique payé par la Communauté de Communes et mis à notre disposition durant le temps des travaux. Nous travaillons beaucoup plus, avec un effectif réduit, et bien sûr nous appliquons une tarification moindre. Là où La Maline accueillait en moyenne lissée sur l’année vingt-huit personnes par séance de cinéma, nous tablons sur une moyenne de douze dans cette nouvelle configuration. Nous misons beaucoup sur avril/mai et craignons de devoir refuser du monde cet été avec une capacité maximum de quatre-vingt (salle Vauban de Saint- Martin) à cent places (salle des Paradis à Sainte-Marie) ».

« L’un de nos challenges : se renouveler »

Le renouvellement concerne bien sûr au premier chef la programmation : « Côté spectacles, il était reproché à La Maline de programmer beaucoup de Jazz et de musique classique, nous intégrons désormais toutes les disciplines, et cherchons à équilibrer les représentations données au Nord et au Sud de l’île » explique la directrice. Ainsi, un bal spectacle a t-il été organisé à Saint-Clément fin janvier, suivi de théâtre à Sainte-Marie à la mi-février, d’un spectacle de danse et musique classique à la mi-mars à Loix, et d’un concert de Jazz à Saint-Clément fin mars.

Le 28 avril, est programmé un spectacle de contes et papier, pour un public familial, qui sera précédé d’ateliers « découverte de Pop-up » en amont (lire encadré). Une séance de théâtre musical burlesque sera proposée dans le Nord de l’île le 9 mai, avant un spectacle de ciné bruitage musical destiné à un public familial (à partir de 7 ans) le 20 mai à Sainte-Marie. Des ateliers « Britage et son au cinéma » seront organisés en amont du spectacle.

Autre nouveauté, qui semble très appréciée des familles, un dimanche par mois une séance Ciné-Minot est proposée avec un film pour les enfants, les parents, les grands-parents, précédé d’un petit déjeuner (11h) ou d’un goûter (16h) offert par La Maline. Prochaine séance le dimanche 15 avril à partir de 16h à la salle des fêtes de Loix (projection de « Willy et les gardiens du lac » à 16h30).

Responsable de cette nouvelle programmation, Aurélie entend tester différentes salles, formules, disciplines, plages horaires… et toucher bien davantage la cible familiale, avec les ateliers de pratique artistique et culturelle en lien avec les spectacles. En fonction de la participation du public, elle ajustera au fil des mois ces propositions renouvelées.

Les publics scolaires ne sont pas oubliés, malgré ces conditions hors normes. Ainsi toutes les écoles ayant souhaité répondre positivement ontelles pu accueillir le spectacle de cirque « Une roulotte pour deux » sur le premier trimestre 2018. Le spectacle Ombres et peinture « Tourne Vire » tournera lui dans les écoles de l’île entre avril et juin.

Le 17 mai les collégiens de 4e des Salières pourront assister au spectacle « Soigne ton gauche » qui sera précédé d’ateliers de découverte des bruitages au cinéma. Côté Centrale pénitentiaire, si l’organisation d’un spectacle s’avère compliquée, un atelier de bruitage est toutefois programmé le 18 mai.

La Maline en profite également pour s’ouvrir davantage à certaines associations et structures, avec lesquelles elle monte des partenariats, à l’image de la Médiathèque de Sainte-Marie. Les habituels partenariats avec des festivals sont aussi adaptés. Ainsi la soirée « Festival de Guitare » à la Maline se transformera-t-elle cette année en promenade musicale organisée avec la mairie de La Couarde dans le cadre de ses « Sorties de plage », le 11 juillet. La Maline a aussi reçu la confiance des organisateurs de Jazz au Phare pour programmer la soirée du 4 août !

De quoi l’avenir sera fait ?

Le président de l’ARDC, Paul Neveur, annonce d’emblée la couleur : « Au vu du montant de la subvention versée chaque année par la Communauté de Communes, sans laquelle La Maline ne pourrait fonctionner, et du financement des travaux, c’est au président et au Bureau de la Collectivité intercommunale de choisir le futur modèle de fonctionnement de La Maline pour 2020 ». Si plusieurs options sont possibles : Association subventionnée, comme actuellement avec l’ARDC, DSP avec une entreprise privée, ou régie, la préférence de Lionel Quillet semble assez limpide : « La future Maline atteindra le million d’euros et emploiera autour de quinze salariés, soit une vraie PME » se plaît-il à annoncer. Qui se devra d’être gérée comme telle. En matière culturelle, si le modèle de régie n’est pas courant, il semble le plus correspondre à l’état d’esprit du président de la CdC qui ne souhaite pas prendre de risque, ni « fonctionnariser » du personnel. « Deux formes de régie, directe ou indirecte, peuvent exister » précise Paul Neveur, qui devra soumettre le moment venu la nouvelle option retenue par le conseil communautaire (en septembre 2018) à son conseil d’administration, dont certains membres ont une nette préférence pour l’actuel mode associatif.

L’ensemble de l’équipe de La Maline sera « conservé » dixit Lionel Quillet, reste que celle-ci travaille énormément et s’inquiète déjà de la période durant laquelle il faudra mener de front le fonctionnement quotidien très lourd, et la mise en place de la « nouvelle Maline ». Concernant la future direction de La Maline – un appel à candidatures devra être lancé très en amont de la réouverture – l’actuelle directrice par intérim, Aurélie Chauveau, se montre prudente quant à son éventuelle candidature : « Cela dépendra beaucoup du projet culturel, du mode de fonctionnement et de la façon de travailler que souhaiteront les élus, je suis passionnée par ce que je fais, mais je serai ou non en accord avec ce nouveau projet, sans compter que nous dépensons actuellement beaucoup d’énergie, au détriment de notre vie personnelle, ce n’est pas certain que nous maintenions cette énergie sur la durée ».

Il est vrai qu’elle a été « la femme providentielle » après le départ imprévu de la précédente directrice, Catherine Wojcik, en poste depuis huit ans. Assurant la relève sans état d’âme, imaginant et proposant le concept du « Hors les Murs », organisant, manageant l’équipe, allant à la rencontre des Maires, des partenaires, résolvant avec l’équipe tous les problèmes techniques et logistiques, elle peut tenir ce rythme grâce au soutien très présent du président Paul Neveur, et à sa passion pour la programmation culturelle. Un grand chapeau donc à toute l’équipe de La Maline, qui a réussi l’impossible, amener le cinéma et le spectacle dans les communes, pour le plus grand plaisir des Rétais, et bientôt des vacanciers.

Nathalie Vauchez

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires