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Associations à la Hune

L’ADEPIR toujours en action !

Un chargement de pierres de 250 kg
Publié le 12/06/2018
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Mardi 29 mai, sous une pluie battante, le secrétaire de l’Association de Défense des Ecluses à Poissons de l’Ile de Ré, Alain Belloc et deux codétenteurs de l’écluse la Brizère située sur la commune de Sainte-Marie de Ré s’étaient donné rendez-vous.

Leur mission : rebâtir deux brèches dans le mur d’écluse afin de former ce que l’on appelle « les clés », sorte de portes constituées de pierres qui permettent d’évacuer l’eau.

Un cheval de Trait pour charrier les pierres

Pour « reboucher » ces deux brèches dans le mur d’écluse, il a fallu récupérer des pierres sur l’Estran. Pas n’importe quelle pierre, mais des pierres avec aspérité pour éviter qu’elles glissent une fois posées les unes sur les autres sous la pression de la houle. Pour info, la houle équivaut à une pression de 20 tonnes par m² !

Pour les aider dans cette tâche L’ADEPIR avait fait appel à une jument venue spécialement des Deux-Sèvres. Cet animal est le seul capable de travailler dans ces conditions particulières alors qu’un engin mécanique s’enliserait. Agée de 14 ans, croisement entre un Cob normand et un Trait du Nord, cette jument de Trait a durant deux jours, en fonction des marées, effectué de nombreux allers-retours (chaque chargement pesait 250 kg) pour transporter les pierres nécessaires à la réparation et à la reconstruction de l’écluse.

Cette jument est aujourd’hui très utile au débardage, à la fauche, et aux promenades. L’entreprise de traction hippomobile qui l’utilise axe son activité sur les travaux liés à l’environnement. Le Cheval de Trait a toujours sa place dans les travaux « boudés » par la mécanisation. Il s’agit d’une continuité et non d’un recul.

L’ADEPIR s’est spécialisée dans la reconstruction, l’entretien et la conservation des écluses, un patrimoine fragile car exposé en permanence aux assauts de la mer et à la disparition des savoir-faire des bâtisseurs en milieu marin.

Une fois encore saluons le travail de ces bénévoles sans qui le patrimoine maritime de l’Ile de Ré ne serait pas ce qu’il est et rappelons encore que ces écluses sont les derniers remparts contre l’érosion de nos côtes.

Florence Sabourin

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