Culture

Avant-première

Jean-Michel Blaizeau. Du stade à l’écriture…

D’abord psychologue en milieu scolaire, Jean-Michel Blaizeau a épousé une profession d’historien du sport puis de journaliste qui le passionne encore aujourd’hui après avoir remporté bon nombre de prix littéraire (© DR)
Publié le 01/08/2018
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L’historien Jean-Michel Blaizeau avait deux passions : le sport et l’écriture. Il voulait être journaliste sportif. S’il a pigé pour « L’Équipe » pendant cinq ans, c’est surtout pour ses ouvrages sur le sport qu’il est connu. La Rochelle, le rugby, les Jeux Olympiques… À ce jour, il compte vingt-deux livres à son actif. Prix national du livre de sport en 2000 et lauréat du Prix des Mouettes en 2015, le sociologue et historien du sport nous annonce la parution imminente de son 23e ouvrage : le livre d’or de la saison 2017-2018 des Jaune et Noir.

Ré à la Hune : Jean-Michel, votre 23e livre « Stade Rochelais – Trous d’air et coups d’éclat » va paraître en août. Ce titre sonne comme celui d’un polar, était-ce prémédité ?

Jean-Michel Blaizeau : Nullement. Mais cette saison rocambolesque méritait bien un titre de ce genre. Un démarrage fulgurant sur la lancée de l’exercice précédent, un automne ponctué de coups d’éclat de de prestigieuses victoires – Clermont étrillé, Toulouse et le Racing 92 domptés – l’équipe semblait marcher sur le toit du Top 14. L’aventure fabuleuse en Champions Cup dans une poule galactique confirmera cette embellie. Puis, lors d’un hiver pluvieux, la belle machine se grippe et les marins de la rade (toulonnais) font tomber la forteresse de Deflandre et donnent des idées aux Castrais. Enfin, après les trous d’air, survient le coup de tonnerre Collazo ! Tous les ingrédients d’une dramaturgie hitchcockienne jusqu’à son épilogue sont là…

Je présume que vous vous êtes appliqué à illustrer ce scénario par les témoignages des acteurs, joueurs et membres du staff, porteurs de cette mémoire vive…

J’ai toujours travaillé ainsi, en sollicitant l’émotionnel et le vécu intérieur du groupe, en me rapprochant des hommes qui écrivent l’événement sportif et lui donnent tout son sens. Et c’est fou, ce qu’ils vivent. Tout est exacerbé : la pression du résultat, l’implication collective, les relations humaines, la succession des échéances et les émotions partagées. Les notions de temps et d’investissement sont d’une tout autre nature que celles de Monsieur tout le monde. Et les joueurs l’expliquent merveilleusement bien dans ce livre.

Pouvait-on prévoir une saison aussi mouvementée et anticiper pour influer sur son dénouement ?

Non, et c’est ce qui fait la beauté du sport. Son imprévisibilité et son alchimie sont tellement subtiles. Néanmoins, les blessures précoces de joueurs-clés à des postes-clés pouvaient alerter sur l’exigence décuplée imposée à ceux qui devaient y pallier. Et les terrains lourds de l’hiver n’ont en rien facilité la remontée des ballons à la main, un des marqueurs forts de l’ADN du jeu Jaune et Noir. Par contre, l’épilogue et l’affaire Collazo a pris tout le monde de court, avec très certainement une disproportion entre les causes et les effets. Mais comme l’a dit à juste titre le président Merling, la crise, aussi brutale soit-elle, n’a duré que cinq jours, et l’institution Stade Rochelais a une nouvelle fois montré sa solidité et sa prééminence sur les hommes. Au-delà de ceux qui partent, l’institution demeure et se vivifie. C’est la force du Stade. Maintenant, remercions Patrice Collazo d’avoir porté le projet sportif et fait basculer le club maritime dans une autre dimension, en construisant avec tout son staff une équipe de très haut niveau, et néanmoins perfectible.

Vous êtes pour beaucoup le spécialiste de l’histoire du sport local et vos nombreux ouvrages en témoignent. Mais vous avez abordé bien d’autres sujets nationaux et olympiques qui vous ont valu la récompense suprême : le prix national du meilleur livre de sport pour l’année 2000*. Des ouvrages qui font référence dans l’histoire et la sociologie du sport…

J’ai toujours versé dans la passion en voulant comprendre autant les enjeux que le destin de ces hommes capables de se transcender, individuellement, mais surtout collectivement. L’Olympisme et le rugby sont deux champs d’investigation merveilleusement riches pour me permettre d’exprimer ma passion et de croiser les plus grands, soit par la mémoire, soit par la rencontre, toujours source de bonheur et de partage. En clair, je me nourris de leur destinée hors normes.

Aux côtés de Richard Escot, directeur de la rédaction de L’Équipe, un autre Rochelais dont il est très proche, Jean-Michel Blaizeau fut très longtemps vice-President du Stade Rochelais

Aux côtés de Richard Escot, directeur de la rédaction de L’Équipe, un autre Rochelais dont il est très proche, Jean-Michel Blaizeau fut très longtemps vice-President du Stade Rochelais

Vos projets ne manquent pas, je suppose…

Je partage mon temps entre les conférences, l’écriture, les rencontres et mes engagements contractuels. Notamment pour les chaînes de TV France 5 et RMC Découverte où je travaille avec l’aide de trois autres historiens du sport à l’écriture de six documentaires de 52 minutes sur l’histoire de six olympiades particulières. Deux de ces documentaires ont déjà été portés à l’écran en 2016 et 2017. Cela dit, je ne manquerais pour rien au monde un match à Deflandre que j’ai découvert au bras de mon grand-père en 1955. J’avais 7 ans.

Revenons à ce livre d’or du Stade Rochelais saison 2017- 2018. Comment avez-vous procédé, et quelle en est l’originalité ?

J’ai respecté la chronologie d’une saison ô combien mouvementée, en illustrant chacune des 33 rencontres de Top 14 et de Champions cup par les témoignages des joueurs ou de l’encadrement, le tout agrémenté de 450 photos inédites, de portraits et d’anecdotes vécues de l’intérieur. Le fidèle supporter entrera ainsi dans l’intimité sportive des gardiens du Temple stadiste et des joueurscadres, pour mieux en comprendre les vicissitudes, les exigences, les bonheurs et les souffrances.

Enfin, pour couronner le tout, l’entretien de fond réalisé avec le président Merling en guise de « prolongation » projette le club maritime vers demain et la saison qui s’ouvre sous la responsabilité du quatuor Garbajosa-Patat-Giorgadze-Eaton, en attendant l’arrivée de Jon Gibbes en novembre.

Sur le plan pratique, comment peut-on se procurer ce collector ?

La parution de ce livre d’or 2017- 2018 au tirage limité (1500 exemplaires) est prévue pour la mi-août. Une souscription est lancée à un prix préférentiel (30 €) dont vous pouvez me demander un bulletin par mail (blaizeau.jeanmichel@neuf.fr) ou par téléphone (06 86 62 13 34), et ce, impérativement avant le 15 août. Ensuite, cet ouvrage sera disponible au kiosque des Écrivains, ouvert tous les après-midis d’août, Cours des Dames, sur le port de La Rochelle. Et c’est avec plaisir que je vous le dédicacerai.

Propos recueillis par Nicolas Coûte

* « Les Jeux défigurés – Berlin 1936 »

Éditions Les Indes Savantes

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Vos réactions

  • Hervé
    Publié le 9 août 2018

    Comment entrer en contact avec des écrivains de l’ile de Ré ?merci

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