Patrimoine

Histoire - portrait

Élie Richard : un humaniste aux multiples talents

Portrait d’Élie Richard - Musée Ernest- Cognacq, ville de Saint-Martin-de-Ré.
Publié le 23/01/2018
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Élie Richard n’appartient pas à proprement parler à la grande épopée maritime de l’île de Ré. Cependant, sa pratique innovante de la médecine naturelle, ses nombreux voyages destinés à compléter sa formation professionnelle et combler son goût des sciences et des belles-lettres, en font un personnage incontournable de la société rétaise de la seconde moitié du XVIIe siècle.

Le 11 décembre 1645, Elie Richard nait à Saint-Martin de Ré dans une riche famille de propriétaires terriens. Son père, sieur de la Poitevinière, conseiller du roi et avocat au Parlement était apparenté aux personnalités les plus en vue de la société régionale. C’est-dire combien furent nombreuses les fées qui se penchèrent sur le berceau d’Élie Richard.

Formé à l’université de Poitiers, le père d’Élie Richard sera son premier précepteur. Constatant les brillants résultats du jeune homme, il l’envoie poursuivre ses études à l’Académie de Saumur que fréquente l’élite intellectuelle protestante. Ayant pris la décision de devenir médecin, Élie Richard s’installera ensuite à Paris où il suivra les cours d’anatomie et de chimie de Duverney et d’Émery ainsi que ceux de physique expérimentale de Jacques Rohault.

À partir de 1663, il va parcourir l’Europe acquérant de nouvelles connaissances dont la philosophie en Hollande tout en y complétant ses compétences en anatomie. En Angleterre, où il visite les grandes villes universitaires, il se fait remarquer par deux conférences en latin à Oxford et écrit son premier essai en latin et en anglais ! En Italie, il rencontre des érudits et des savants, séjourne chez le Duc de Créqui, ambassadeur de France, visite les académies et bibliothèques de Rome, Padoue, Florence et Venise. Puis, il se rend à Montpellier, alors deuxième faculté de médecine en France, où il soutiendra sa thèse le 18 décembre 1666.

En 1670, il reviendra s’installer à La Rochelle en tant que médecin. Il épouse, en 1671, Jeanne Belin, dont il aura cinq enfants. Il pratique la médecine avec succès, utilisant des « remèdes naturels, simples ou peu composés ». Il estimait « qu’il fallait aider la nature et non pas l’accabler ». En tant que médecin de l’hôpital de la Charité, il soigne et nourrit les pauvres gracieusement. Le 6 août 1685, une déclaration du roi interdit l’exercice de la médecine aux protestants. A une époque où Louis XIV accentue sa répression contre la religion réformée, il réussira néanmoins à mener une brillante carrière sans abjurer, tant est grande sa renommée et grâce entre autres à la protection de l’intendant Michel Bégon et à celle de l’évêque de Laval. Il finira même par intégrer le collège des médecins dont il deviendra le doyen !

Ce touche à tout de génie publie en 1700, un ouvrage magnifiquement illustré, une Histoire naturelle des végétaux et des minéraux avec un abrégé des météores, et invente d’autre part, une chaise sans porteurs, propulsée par deux pédales, qui restera inexploitée de son temps, mais que l’on retrouve en Bavière au XIXe siècle !

Terrassé par une attaque d’hémiplégie en 1705, il décède le 14 mars 1706 dans de grandes souffrances.

Catherine Bréjat

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